Combattre la précarité par l’inclusion : 10 mesures phares contre la fatalité
Ce mardi 24 février, le Conseil économique social et environnemental (CESE) a adopté 20 préconisations pour faire reculer la précarité professionnelle grâce à une nouvelle approche basée sur l’inclusion économique. Le groupe Mozaïk RH engage les décideurs publics et les acteurs privés à se saisir en urgence de ces propositions.
Un taux de chômage historiquement bas (7,5% en 2024)… mais une précarité toujours plus forte : plus de 2,3 millions d’actifs vivent sous le seuil de pauvreté,1288 euros par mois. Aux premières loges de cette France précaire, les personnes issues de l’immigration et/ou vivant dans des quartiers populaires, travailleurs de plateformes, jeunes parfois diplômés, Outres-Mer etc. Les femmes aussi, surexposées. Une fatalité ? « Depuis vingt ans, les politiques de l’emploi ont produit des résultats limités, car elles se sont principalement concentrées sur la baisse du chômage, en privilégiant la quantité d’emplois au détriment de leur qualité et des conditions de travail », relève Saïd Hammouche, corapporteur de l’avis « Lutter contre la précarité professionnelle par une économie inclusive ». Changement de paradigme : à travers ce document coconstruit avec les acteurs de terrain, le président fondateur du Groupe Mozaïk RH et le CESE font de l’inclusion économique un principe directeur, en réorientant l’action publique et en engageant les entreprises dans une transformation durable du marché du travail. Comment ? Focus sur certaines préconisations.
Encourager l’inclusion par le travail
- en permettant de cumuler temporairement revenu d’activité et RSA à taux plein via des dispositifs de sécurisation des reprises d’emploi pour éviter les pertes de ressources au moment d’une reprise d’activité
- Faciliter la régularisation des travailleurs étrangers exerçant dans les métiers tensions. En parallèle, accélérer les procédures administratives visant à obtenir les titres de séjour.
- Sortir du travail indépendant subi notamment pour des raisons de discrimination en permettant l’accès choisi au salariat
Engager davantage les pouvoirs publics
- Déployer une « Planification pour une économie inclusive » portée par la Direction générale des entreprises pour coordonner l’élaboration des stratégies nationales d’inclusion économique et mieux accompagner les entreprises (recrutement inclusif et achat socialement responsable)
- Etude annuelle sur le coût économique de la précarité professionnelle avec l’appui France Stratégie
- Renforcement des moyens dédiés à l’accompagnement et à l’apprentissage en priorité des jeunes en quartiers prioritaires et zones rurales
Responsabiliser les employeurs
- Intégrer des critères d’inclusion économique dans les référentiels RSE pour atteindre les objectifs de recrutement et de pratiques managériales inclusives.
- Renforcer les politiques contre les discriminations à l’emploi liées à l’âge, les origines et le genre notamment par la sensibilisation des recruteurs et managers.
- Réserver 30% en valeur des marchés des acheteurs publics et privés aux TPE et PME pour soutenir l’emploi local en faisant évoluer le droit de la commande publique.
- En parallèle, conditionner l’octroi des marchés à des pratiques inclusives dans l’exécution de prestations de services, et notamment l’obligation du recours au travail en journée et en continu
« Le travail doit permettre à chacune et chacun de s’épanouir, de vivre dignement, de s’émanciper et d’être reconnu », estime Saïd Hammouche. Forte de ses 18 ans d’expérience en matière de recrutement inclusif, Mozaïk soutient pleinement les orientations de cet avis et engage les acteurs publics comme privés à se saisir des recommandations faites.
4 CHIFFRES CLES ISSUS DE L’AVIS
-
60%des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville ont des revenus d’activité inférieurs au seuil de pauvreté
-
1,1 millionpersonnes ont un emploi mais vivent avec moins de 1 000 euros par mois(travailleurs à temps partiel subi, salariés enchainant les contrats courts, indépendants etc.)
-
70%descendants d’immigrés ont un diplôme supérieur à celui de leurs parentsmais le CDI arrive plus tard et la progression salariale est plus lente.
-
26,6%des salariées femmes sont à temps partiel contre 7,8% pour les hommes.Les origines (femmes étrangères et issues de l’immigration, vivant en quartiers populaires ou territoires ruraux) renforcent cette inégalité.